Articles Nice Matin 19 décembre 2007
1 mois après notre premier article, Romain Schue, journaliste de Nice Matin, nous consacre un deuxième papier. Et il présente cette fois-ci, l'association. L'occasion pour les joueurs de s'exprimer...

Contenu de l'article :
Handisport
Le torball s'ouvre aux voyants
Ce sport, d'abord réservé exclusivement aux malvoyants depuis sa création au milieu du XXe siècle, veut élargir sa pratique. Et l'Association Niçoise d'Initiatives Culturelles et Sportives, créée en juillet, fait de l'ouverture sont objectif « dans une philosophie de mixité, d'échange, de rencontres, tout sauf de l'indifférence », insiste Stéphanie, la secrétaire de l'association. ANICES a donc son équipe de torball. Un sport où six joueurs s'affrontent à trois contre trois, masque noir sur les yeux, sur un terrain de 16 mètres sur 7.
Objectif : marquer en lançant à terre une balle contenant des clochettes, afin d'être entendue par les joueurs adverses qui se couchent pour éviter le but. Cinq joueurs composent l'équipe niçoise dont Paul, 22 ans, le seul voyant. « C'est ce qu'il me fallait, ça manquait pour m'épanouir. C'est plaisant aussi. Ça permet d'avoir des réflexes et de se dépasser. Et on est tous pareil, je n 'ai pas de remords à leur envoyer un ballon fort ».
Voyant ou non « tous pareils »
Ce que conteste Pascal, malvoyant, qui a 48 ans en est à sa 19e saison : « Les voyants sont encore plus handicapés car ils font moins atention à certaines choses comme le bruit ». Le torball, une discipline que Sébastien Filipinni, le président de l'association et capitaine de l'équipe, veut également faire pratiquer dans les écoles. « Ce serait une première en France. Au collège Louis-Nucéra de Nice et à l'école primaire Aimé-Legall de Mouans-Sartoux, on va faire des démonstrations. Ensuite ça sera peut-être au programme. En tout cas, les enseignants sont enthousiastes ». L'occasion de - sensibiliser au handicap, de développer des sens, l'ouïe, le silence, le respect de l'autre et se repérer dans le noir ».
Et dans le torball, tout le monde est égal : « II n'y a pas de barrage, on est tous pareils, tous dans le noir avec le même but : marquer et gagner ».
Le 15 mars auront lieu les matchs allers du championnat de France de 3e division à Nice. L'occasion de découvrir ce sport qui a tant aidé Sébastien Filipinni. « Quand à 16 ans j'ai perdu la vue, j'étais comme mort, je ne pouvais plus faire de sport. Et avec le torball, je ne pense plus au handicap, ça m'a beaucoup aidé dans son acceptation ». Et chacun peut y trouver son compte.
Article de Romain Schue du Nice Matin du 19 décembre 2007