Nice Matin 3 février 2009
Un accident, une maladie, et c'est la nuit qui s'installe. Totale,
définitive. Si nous perdions la vue, que deviendrait, dès
lors, notre quotidien? Alors que l'on fête cette année
- déclarée année de la cécité en
France - le bicentenaire de la naissance de Louis Braille, l'association
niçoise d'initiatives culturelles et sportives (ANICES) a voulu
répondre à cette question. Ou tout au moins permettre
à des voyants d'appréhender un handicap dont ils ignorent
tout finalement.
Faire la cuisine, monter quelques marches, se servir un verre de vin,
repasser une chemise... Quoi de plus trivial? Mais ces scènes
de la vie quotidienne virent au massacre lorsque, à l'invitation
de Lilas Spak, chroniqueuse et animatrice, quelques invités
de marque ont accepté de les accomplir les yeux bandés
le temps d'une soirée au théâtre de la photo.
Le directeur de Lenôtre Côte d'Azur, Philippe Joannes,
en perd ses repères quand il s'agit de séparer "en
aveugle" le blanc du jaune d'une demi-douzaine d'oeufs. L'adjointe
à la politique de la Ville Dominique Estrosi-Sassone ne cache
pas son inquiétude lorsqu'on lui demande d'éplucher
une pomme les yeux bandés: "C'est un pue dangereux non?"
"Nous sommes des gens qui ont envie de vivre"
Du coup les "handicapés" ne sont pas ceux que l'on
croit. Sandrine Filippini, adjoint déléguée au
handicap, elle-même non voyante, livre le secret d'une vie normal:
"Il faut trouver des petites astuces. Car, assure-t-elle, nous
ne sommes pas des êtres extraordinaires. Juste des gens qui
ont envie de vivre..." De sortir, de faire du sport et, pourquoi
pas, de voir un film. Autant d'activités proposées à
Nice par des associations telles qu'ANICES. Car, au-delà de
cette expérience jugée "enrichissante" par
tous ceux qui s'y sont prêtés, à commencer par
le premier adjoint Benoît Kandel, c'est leur raison d'être.
Et elles ne ménagent pas leurs efforts pour améliorer
le quotidien des non-voyants ou déficients visuels. Voyez par
vous-même...